L'église abbatiale et paroissiale
de ST Vincent, démolie également, n'avait rien de
remarquable.
Elle était située a l'angle nord-ouest de l'abbaye, au
coin de l'enclos du même nom, au haut du tertre St Laurent,
où elle occupait le terrain formant actuellement l'entrée
de la rue
de l'Enclos. Son jubé , dont les figures étaient
estimées , était
l'ouvrage de Gervais Labarre et de son fils , nés tous deux
dans cette paroisse.
Elle possédait aussi un petit et un grand tableau du jugement
dernier, tous deux peints par Lagout,
autre artiste manceau, le second sur le modèle du premier.
C'était à cette église que les deux chapitres de
St Julien et de
St Pierre de la Cour venaient processionnellement , le vendredi qui
précède Pâques-Fleuries,
apporter de la calhédrale un christ voilé et
couché, qui y était adoré jusqu'au dimanche
et qu'on remporlait le jour des Rameaux levé, découvert
et orné de fleurs,
cérémonie qui précédait celle des lances,
et se continue encore aujourd'hui,
excepté que le Christ est porté à la nouvelle
église ou chapelle de St Vincent
ou du Grand-Séminaire.
Ce
fut l'évêque St Domnole, 56o
- 581, fondateur du monastère de St Vincent,
qui fit transférer les reliques de ce sainl diacre espagnol,
dans cette église, qu'il consacra sous son invocation.
L'un de ses successeurs, l'évéque Arnault, 1066-1081, les
plaça dans une châsse d'argent.
Les reliques de St Domnole, enterré dans ce monastère,
furent tirées de son tombeau et conservées
également dans cette
église, par les soins de l'évêque Hildebert: le
cardinal évêque du Mans, Philippe de Luxembourg, donna une
nouvelle et
très riche châsse pour les y placer.
Cette église possédait aussi des reliques de St Laurent,
dont la fête y était célébrée avec
une grande solennité.
Sa sonnerie , l'une des plus belles qu'il y eût en France
autrefois, sous le rapport de l'harmonie , fut
cassée et envoyée à la monnaie en 1793.
Outre les Labarre père et fils, nés sur la paroisse de
Saint-Vincent,
elle donna le jour aussi à Marc Duval, Guilbaul, et aux
frères Denaux, tous peintres,
les derniers inventeurs des tableaux changeans.
Les anciennes bibliothèques remarquables qu'on y observait
,étaient celles de l'abbaye St Vincent,
fort riche, faisant partie de la bibliothèque
départementale; celle des
Cordeliers, de M. de Madrelle et de mademoiselle Mousset.
Extrait
du Dictionnaire topographique,
historique et statistique de la Sarthe, suivi d'une biographie et
d'une bibliographie De Julien Rémy Pesche.