Le couvent des Cordeliers (Le Mans)

Le couvent des Cordeliers, bâti au XIIl° siècle avec le concours de la reine Bérengère et séparé seulement des Jacobins par une maison appartenant au chapitre de la cathédrale, leur faisait suite en bordure de la rue de Tessé. L'église, de forme irrégulière et en contre-bas, se trouvait juste en face de l'ancien évêché: elle contenait, elle aussi, beaucoup de tombeaux, entre autres ceux de Robert Garnier et de François Le Gras, seigneur du Luart.

Les enclos des deux monastères, d'étendue inégale, se parta­geaient tout l'espace compris aujourd'hui entre les rues Saint­ Dominiqne, du Crucifix, des Arènes et Robert-Garnier, Ils s'éten­daient sur les deux versant d'un étroit vallon alors planté en jardins ou en vignes. Au fond coulait le ruisseau d'Isaac qui traversait « par un biau fort large » le terrain des Cordeliers, et par un canal couvert le jardin, le chapitre et le cloître des Jacobins pour gagner ensuite la place de l'Eperon par la rue Saint ­Dominique. A l'automne de 1791, l'administration commence à préparer la démolition des bâtiments des Cordeliers déjà délabrés, il est vrai, sombres et sans caractère architectural.

Robert Garnier (1545-1590): Ami de Guy du Faur de Pibrac, Robert Garnier fait ses études de droit à Toulouse où il accueille Charles IX et Catherine de Médicis en 1565. Couronné au Jeux floraux de 1566, il devient avocat du Parlement de Paris en 1567 puis conseiller au présidial du Mans et enfin conseiller du roi Henri II. Il laisse sept tragédies et une tragi-comédie. Porcie, épouse de Brutus (1568), Hippolyte, fils de Thésée (1573), Cornélie, épouse de Pompée (1574), Marc-Antoine (1578), La Troade ou la destruction de Troie (1579), Antigone (1580), son chef d'oeuvre : Les Juives (1583) et Bradamante (1582) dont le thème est emprunté à L'Arioste et qui constitue la première tragi-comédie française. Son oeuvre est pénétrée par le goût sénéquien de la fin du siècle. Elle est hantée par la guerre civile et offre le spectacle de la terreur et de la cruauté. Mais les pièces de cet écrivain catholique favorable à la Ligue tentent de dépasser la peinture de l'horreur par l'espoir d'une réconciliation. Si son domaine d'inspiration (histoire romaine et biblique) est proche de celui du théâtre classique, l'écriture dramatique de Robert Garnier reste encore largement gouvernée par ce que l'on nomme des "élégies dramatiques". Antoine de Montchrestien (1575-1621) est souvent considéré comme son successeur. Auteur d'un Traicté de l'oeconomie politique, il marque le théâtre de la fin de la Renaissance avec sept pièces de théâtre dont Sophonisbe avant de trouver la mort en s'engageant dans la révolte des huguenots.
La ville du Mans au XVIII°
© Altavardream |Photos ALTAVARD | designed by N Jugiau