Robert Garnier (1545-1590):
Ami de Guy du Faur de Pibrac, Robert Garnier fait ses études de droit à Toulouse où il accueille Charles IX et Catherine de Médicis en 1565.
Couronné au Jeux floraux de 1566, il devient avocat du Parlement de Paris en 1567 puis conseiller au présidial du Mans et enfin conseiller du roi Henri II.
Il laisse sept tragédies et une tragi-comédie. Porcie, épouse de Brutus (1568), Hippolyte, fils de Thésée (1573), Cornélie, épouse de Pompée (1574),
Marc-Antoine (1578), La Troade ou la destruction de Troie (1579), Antigone (1580), son chef d'oeuvre : Les Juives (1583) et Bradamante (1582) dont le thème est emprunté à L'Arioste et qui constitue la première tragi-comédie française.
Son oeuvre est pénétrée par le goût sénéquien de la fin du siècle. Elle est hantée par la guerre civile et offre le spectacle de la terreur et de la cruauté.
Mais les pièces de cet écrivain catholique favorable à la Ligue tentent de dépasser la peinture de l'horreur par l'espoir d'une réconciliation.
Si son domaine d'inspiration (histoire romaine et biblique) est proche de celui du théâtre classique, l'écriture dramatique de Robert Garnier reste encore largement gouvernée par ce que l'on nomme des "élégies dramatiques".
Antoine de Montchrestien (1575-1621) est souvent considéré comme son successeur.
Auteur d'un Traicté de l'oeconomie politique, il marque le théâtre de la fin de la Renaissance avec sept pièces de théâtre dont Sophonisbe avant de trouver la mort en s'engageant dans la révolte des huguenots.