Les étapes de la construction
La cathédrale en 1080
"Vers 1056, l'arrivée au Mans de l'évêque Vulgrin entraîne un redressement moral et religieux ; afin de le rendre visible,
l'évêque fait disparaître la vieille cathédrale carolingienne et lance le projet d'un nouvel édifice neuf.
Malheureusement, les travaux se soldent par un échec avec l'écroulement du nouveau sanctuaire.
Le successeur ; l'évêque Arnaud (v. 1067-1081), doit reprendre les constructions.
Le chantier va bénéficier des prodigalités de Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre et duc de Normandie,
dont l'évêque va toujours prendre le parti lorsque Guillaume imposera son pouvoir sur le Maine.
A la mort d'Arnaud, le chœur et sa crypte sont terminés, ainsi que les fondations du transept et de ses tours.
Mis à part les fondations qui contiennent les restes de la crypte, il ne demeure plus de cette réalisation
qu'un fragment d'arc toujours visible dans le transept nord .
"
La cathédrale en 1093
"Le successeur d'Arnaud, l'évêque Noël (1085-1096) achève le transept, les tours,
puis élève les bas-côtés de la nef.
L'ouvrage est mené par des constructeurs normands, comme l'indique une étude stylistique;
cela correspond aux diverses attitudes de Noël, favorable à la politique normande.
Pendant les travaux, les pèlerins ne peuvent plus approcher le tombeau de Saint-Julien
(premier évêque du Mans) et désertent la ville.
Le contre-coup économique de cette situation entraîne une réaction des manceaux
qui obligent l'évêque à ouvrir au culte, le 17 octobre 1093, la partie déjà terminée de la cathédrale.
C'est dans cette cathédrale encore en chantier qu'en 1096, au cours de son périple dans le Royaume de France,
le pape Urbain II prêche la première croisade en invitant les seigneurs manceaux à délivrer
le tombeau du Christ à Jérusalem.
"
La cathédrale en 1120
"Il faut attendre l'avènement de l'évêque Hildebert de Invardin (1096-1125) pour que les travaux reprennent.
La direction est confiée à un moine architecte, Jean de l'abbaye de la Trinité à Vendôme;
c'est le premier architecte connu de la cathédrale. Il achève l'édifice,et la dédicace est célébrée le 25 avril 1120.
Le résultat est impressionnant. La cathédrale est homogène et puissamment plantée grâce à ses tours.
Un témoin oculaire, le moine Ordéric Vital, de l'abbaye de Saint-Evroult, la considère comme
"la plus belle église de l'Ouest".C'est dans cette cathédrale, en 1128, que Geoffroi le Bel Plantagenêt, comte d'Anjou et du Maine,
va se marier avec Mathilde, fille du roi d'Angleterre Henri premier et petite fille de Guillaume le Conquérant. Et c'est encore dans cet édifice, qu'en 1133 sera baptisé le fils de Geoffroi et Mathilde, Henri II Plantagenêt, qui deviendra roi d'Angleterre et l'un des plus puissants seigneurs du XII° siècle."
La cathédrale en 1158
"La plus belle église de l'Ouest ne devait durer que 14 ans: en 1134, elle est partiellement détruite
par un incendie qui ravage la ville.
Sa reconstruction se limite aux parties sinistrées, essentiellement la nef,
le transept et peut-être la tour sud. Les nouvelles techniques de voûtement sur croisées d'ogives sont adoptées, entraînant par là-même la reconstruction des piliers et des fenêtres hautes.
On ouvre également un grand portail sur le flanc sud de la nef, face à la rue principale de la Cité.
La cathédrale restaurée est dédicacée le 28 avril 1158 par l'évêque Guillaume de Passavant."
La cathédrale en 1254
"Soixante ans après les derniers travaux, l’évêque et le chapitre décident
de remplacer l'ancien sanctuaire "étroit et sombre" par un nouveau "large et magnifique".
Pour cela Philippe Auguste (qui a récupéré le Maine au détriment des Plantagenêt) autorise en 1217
1a démolition du mur d'enceinte de la Cité afin d'étendre la cathédrale. Il demande aussi la protection du site par une palissade. Commencé vers 1220,
le chantier est conduit successivement par trois architectes, peut-être plus.
Le nouveau chœur s'élève dix-mètres au dessus du reste de l’édifice et rompt l'harmonie de l'ensemble. L'achèvement de cette grandiose entreprise est fêté le 20 avri11254.
La cathédrale gardera longtemps cet aspect, jusqu'à la fin du XIV° siècle et c'est ainsi que la verront les rois de France Philippe VI de Valois et son fils Jean II le Bon qui y sera baptisé.
Le temps des crises s'est ouvert et l’élan des bâtisseurs de cathédrale s'essouffle."
La cathédrale en 1392
"Les chanoines n'acceptent pas le contraste produit par les deux parties de l'édifice
et décident d'y remédier: La solution consiste à relever le transept puis la nef à la hauteur du chœur:
Vers 1385, l'architecte Jean le Maçzon commence l'opération par le transept sud qui était achevé lors du séjour du roi de France Charles VI, en août 1392. Son accès de folie à la sortie de la ville,
puis les soins prodigués par les chanoines quand on le ramène près du tombeau de Saint-Julien
amèneront le roi, une fois guéri, à se souvenir de la cathédrale du Mans et à verser des sommes importantes pour terminer la construction du transept.
Toujours à la même époque on dispose une salle d'archives au-dessus du portail de la nef.
Précisons qu'auparavant, au début du siècle on avait édifié une sacristie qui, au sud, communiquait avec le déambulatoire par l'ouverture qui avait servi d'accès au chantier du chœur.
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La cathédrale en 1430
"En 1403, la première pierre du transept nord est posée. La direction des travaux est confiée
A l'architecte Nicolas de l'Escluze, mais il meurt en 1420 ; Jean de Dampmartin lui succèdera.
Durant les travaux il faut faire face à la Guerre de Cent Ans qui a repris,
puis à l'occupation du Maine par les troupes anglaises.
De plus, en 1419, les voûtes de la nef menacent de s'effondrer; ce qui nécessite la pose d'arcs-boutants.
Toutes ces difficultés retardent l'achèvement du transept que l'on situe vers 1430.
A la même époque, on transfère la salle capitulaire du côté nord au côté sud,
près de la nouvelle sacristie. Enfin, vers 1500, on étudie l'exhaussement de la nef.
Le coût trop élevé de l'opération conduit à l'abandon du projet, et le visage de la cathédrale du Mans
est alors définitivement fixé."