| Les couleurs. |
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Il faut tout d'abord remarquer que la nature ne connaît pas de
teinte rigidement déterminée.
Dans un paysage, tout est effet de lumière et de
réverbération.
Les couleurs que nous percevons sont composites et changeantes selon
l'heure, la saison, l'état du ciel ou encore l'angle
d'observation.
Il est illusoire de vouloir les représenter à l'aide de
l'une ou l'autre référence bien précise.
Pour ma part, je crois plus efficace de suivre la démarche des
impressionnistes, ces peintres qui ont le mieux su rendre le miroitement
des couleurs dans la lumière.
Un mur de pierres, une paroi rocheuse,un bosquet, un toit, de tuiles ne
sont nullement d'un ton unique et tranché, même s'ils
apparaissent ainsi de loin. Leur aspect est le produit d'une
juxtaposition de touches multicolores, que les impressionnistes ont
parfaitement analysée et maîtrisée.
Leur technique pointilliste, appliquée non seulement au ciel et
à l'eau, mais aussi aux objets, engendre des toiles vibrantes
d'émotion autant que de lumière. Une coloris de base,
rehaussé de quelques retouches éparses dans un ou deux
tons différents, suffit généralement.
Il faut se rappeler que la surface réfléchissante d'une
maquette à l'échelle est diminuée selon le
carré de la réduction linéaire.
Ainsi, un mur ou un trottoir réduit au 1/87
réverbère près de 8000 fois moins de
lumière que le modèle original.
Cette condition altère complètement notre perception des
couleurs.
Pour le compenser, notre oeuil a besoin d'une reconstitution
exacerbée des teintes ainsi que d'un éclaircissement
forcé des tonalités.
Cela est particulièrement flagrant pour les tons sombres et les
souillures prononcées, qu'une exacte reproduction rend
complètement ternes en miniature. Notez également que
pour recréer les effets de crasse, par application de lavis de
gouache SEPIA et non NOIR.
Le noir est la négation même de la lumière et de la
couleur, et les grands peintres le bannissent. Sur une maquette en
réduction, il doit être employé avec circonspection.
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En pratique, cette diversification et cet
éclaircissement des couleurs sont aisément produits par
des techniques telles que le lavis,
la peinture à l'éponge et le frottis à sec
(dry-brushing). Toutes les trois permettent de surcharger une couleur
de fond indélébile de voiles plus contrastés ou
plus clairs. Les deux premières conviennent pour patiner une
peinture trop neuve et reproduire les atteintes conjuguées des
rayons ultra-violets, des intempéries et de la crasse.
Pour la couche de fond, ma préférence va aux peintures
glycérophtaliques (Humbrol), mais les peintures acryliques sont
plus expéditives vu leur temps de séchage réduit.
J'applique ensuite les couches de finition et de patine à l'aide
de gouaches, faciles à diluer, à travailler, voire
à essuyer, sans risque de détériorer la couche de
fond.
Quant au frottis à sec, il sert principalement à
éclaircir les arêtes et les reliefs pour simuler une
réflexion accrue de lumière.
Il est bien plus facile à appliquer que beaucoup l'imaginent et
rien ne vaut quelques exercices préalables sur une feuille de
papier émeri à gros grain.
Il suffit de tremper très légèrement
l'extrémité d'un pinceau à poils durs dans de la
gouache non diluée, d’éliminer presque toute la
peinture.
sur un chiffon sec et de frotter la zone à traiter du bout des
poils, par passages répétitifs et évitant de
pénétrer dans les creux.
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Voici plusieurs recettes particulières, comme la figuration du zinc
(gris métallisé Humbrol 53 + gouache blanche)ou de la
tôle d'acier (Humbrol 53 + gouache sépia) ou encore de la
tôle rouillée (Humbrol 53 + gouaches brun clair et terre
de Sienne brûlée). Elles procèdent toujours de la
même technique: un fond indélébile,
surchargé de retouches à la gouache.
Une exception notable à ce procédé de
décoration en deux temps s'impose pour la coloration
"transparente" d'éléments naturels, tels que pierres et
pavés, confectionnés en plâtre ou en pâte
à modeler.
La nature poreuse de ces matériaux permet une coloration diffuse
par lavis successifs et il serait dommage d'interdire ce processus par
l'application préalable d'une peinture de fond qui ferait alors
office de bouche-pores.
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